|
Texte de Gwilherm Perthuis
Avec un portfolio composé par quatre dessins de Frédéric Khodja
Frédéric Khodja pense et s’exprime avec des images. Son discours est imagé, ses idées prennent forme, les concepts théoriques trouvent leurs correspondances iconiques. Ses dessins, qui se détachent puissamment sur de grandes feuilles immaculées, sont des lieux. Tout d’abord ils font partie d’un lieu universel : le dessin. Ce lieu très vaste spatialement et chronologiquement, recoupe le lieu du dessein, de l’idée. De plus, les dessins de Frédéric Khodja sont des lieux au sens de la feuille de papier sur laquelle la main applique de la matière : territoire limité, cartographié par l’intervention de l’artiste qui transcrit matériellement avec le dessin, le lieu du dessein. Le lieu est travaillé grâce à l’usage d’objets spatiaux exogènes à l’oeuvre en train de se faire : souvent des photographies, cartes postales, gravures, images populaires, qui ont été très bavardes pour l’artiste et qui s’imposent comme références. Les titres des dessins sont souvent des clins d’oeil qui nous font pénétrer dans d’autres lieux, par exemple le dessin Giorgio et Dino, hommage au peintre et graveur italien inclassable Giorgio Morandi et à l’auteur / dessinateur Dino Buzzati. Le dessin de Frédéric Khodja est donc un agrégat de strates, une succession d’images digérées et aplaties par les traits d’un nouveau dessin. Une pratique qui oscille entre des fondamentaux qui paraissent organisés en systèmes de pensée récurrents (ordre) et des sources, des références qui apparaissent et disparaissent au gré de découvertes, attachées au souvenir et à la dimension aléatoire de la mémoire (désordre). Nous invitons les lecteurs à pénétrer dans le lieu du dessin défini par Frédéric Khodja, à s’y perdre, ou à s’en évader...
[GP]
Pour en savoir plus sur Gwilherm Perthuis
|