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Texte de Frédéric Khodja
En réponse à notre conversation dans l’intimité à bâtons rompus, à propos de l’hippocampe.
Cette maison de plage est habitée maintenant par des inconnus et j’imagine ce matin une pluie.
Et des feuilles qui tapissent les dalles de pierre. Les meubles, objets qui restèrent après le partage durent naviguer vers un dépôt-vente local. L’hippocampe, posé peut-être dans le tiroir de ma table de nuit.
Contrairement à une bille ou un galet, l’hippocampe ne signale pas sa présence dans l’ombre, par des entrechoquements.
Il dut conserver l’anonymat salutaire à toute affaire délaissée. Il n’avait pas de poids, il était sec et verni et lors d’une promenade nocturne ou diurne, je ne me souviens plus, je l’avais acheté à un marchand de choses sur le front de mer.
Il fut le fétiche d’étés.
Sa remémoration fait apparaître le constat que les animaux domestiques vivants sont toujours restés à l’extérieur de mon quotidien d’enfant.
L’hippocampe n’était pas mort, il était l’atteinte même à la disparition.
[FK]
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