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Regards sur la photographie américaine dans la collection M+M Auer
03-09-2010

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Dans le cadre du Septembre de la photographie, 

exposition à la Galerie Françoise Besson, 

10 rue de Crimée 69001 LYON

 

du 11 septembre au 9 octobre 2010

 

Regards sur la photographie américaine  

dans la collection M+M Auer

 

Commissariat Gwilherm Perthuis

 

Ansel Easton Adams, John F Collins, Harold Eugene Edgerton, Andreas Feininger, Robert Frank, Nan Goldin, Lewis Wickes Hine, William Klein, Les Krims, Man Ray, Duane Michals, Gjon Mili, Laszlo Moholy-Nagy, Irving Penn, Aaron Siskind, William Eugene Smith, Louis Stettner, Paul Strand, Rolf Tietgens, Weegee, Clarence Hudson White...

 

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Informations pratiques : du mercredi au samedi de 14h30 à 19h | 0033 6 88 24 2006

Site du Septembre de la photographie

 

 

 

 
Disques et sémaphores - Musée Léger Le Biot
02-09-2010

Disques et sémaphores : une exposition exemplaire 

Certaines expositions thématiques s’ouvrent à un champ tellement large qu’elles finissent par admettre des propositions artistiques n’ayant pas grand-chose à voir entre elles et ne parviennent pas à produire les effets projetés lors de balbutiements de la construction d’un projet. La démonstration se dilue. Elle admet tout et perd de son efficacité.

L’historien de l’art et professeur à Paris IV Arnauld Pierre a préparé une exposition thématique sur le disque et le sémaphore, qui au contraire produit beaucoup de sens dans les salles du Musée national Fernand-Léger au Biot. Resserrée autour de la figure de Fernand Léger sur lequel le commissaire avait déjà travaillé, l’exposition questionne le langage du signal dans sa peinture, ses films, et dans les œuvres de ses contemporains. Le disque, le phare, le signal clignotant ou illuminé, le repère visuel signifiant, le pictogramme ou l’enseignsont autant de figures plastiques, ayant bouleversé le paysage urbain et qui permettant d’échafauder une réflexion assez originale sur les avant-gardes en confrontant des œuvres contemporaines rangées habituellement dans des catégories trop segmentées. La peinture de Léger est particulièrement marquée au début des années 1920 par des disques ou des formes abstraites ayant valeur de signes. Les constructions mécaniques tirent leurs modèles des machines du monde moderne identifiées par leurs rouages mais surtout par les signaux lumineux. L’essor du chemin de fer est également un repère non négligeable pour comprendre l’intérêt pour ces formes abstraites réinterprétées en peinture. En cela, le catalogue de l’exposition est particulièrement efficace lorsqu’il confronte des autochromes de Léon Gimpel représentant les signaux sur les voies ferrées (publiés dans L’Illustration en 1914) et une toile de Léger intitulée Le passage à niveau (1919) dont la surface est saturée par les signaux, les barrières, les feux, que la construction ramènent à la frontalité du plan du tableau. L’œuvre multiforme de Léger permet de dériver vers la photographie, le cinéma, ou l’architecture, mais également aux nombreuses revues d’avant-garde qui se penchent sur les mêmes enjeux plastiques. Le travail sur les formes géométriques, sur les rythmes, sur les compositions de motifs créant un effet de mouvement ou susceptibles de le schématiser sont à chercher tant dans les œuvres orphistes de Robert et Sonia Delaunay, dans des photographies de Raoul Hausmann ou dans les décors de L’Inhumaine de Marcel L’Herbier dont les décors avait été confiés à Léger… Mais l’exposition explore également la situation du Bauhaus, des publications, enseignements, affiches, architectures qui sont produits dans son sillage. Cette ouverture permet de mieux revenir vers les bâtiments de Malet Stevens ou le travail des graphistes à partir des années 1960. L’univers visuel concerné par l’enjeu des signaux lumineux est finalement extrêmement large et s’avère être une excellente porte d’entrée pour mieux cerner et comprendre les enjeux qui traversent la modernité entre 1920 et 1960. Les rapprochements sont audacieux dans l’exposition.

Le catalogue est par ailleurs une compilation d’essais inédits remarquables pour appréhender plus en détails ces questions. La présence de l’écriture dans l’art par exemple est remise en contexte d’une manière remarquable par Roxane Jubert et le texte général d’Arnauld Pierre sur le signal comme outils de langage universel dans l’art moderne fixe parfaitement la multiplicité des questionnements qui découlent du chapeau principal de l’exposition. Enfin, cet événement permet de découvrir les œuvres d’artistes peu montrés en France tels que Gerd Arntz, Félix Aublet ou Nicolas Schöffer… Il est sans doute un petit peu décevant de ne pas avoir réunit davantage de peintures d’Auguste Chabaud, artiste oublié qui a pourtant réalisé des travaux précoces sur le sujet retenu par l’exposition, en présentant de manière frontale dans une facture fauve des panneaux de signalisations comme unique iconographie.

 

G.P.

 

Disques et sémaphores. Le langage du signal chez Léger et ses contemporains.

Commissariat Arnauld Pierre

Jusqu’au 11 octobre 2010. Musée national Fernand Léger, Le Biot.

Catalogue de 150 pages, édité par la RMN, 45 euros

 
Hopper
07-08-2010

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Le prochain numéro d'Hippocampe sortira en octobre prochain. En attendant le précédent numéro est toujours disponible.

Pour la découvrir en ligne en pdf, comme avant goût avant de l'acheter pour en découvrir ses qualités matérielles... 

Cliquez ici

 

Rendez-vous à la Librairie Michel Descours rue Auguste Comte à Lyon pour la découvrir. Ou commandez par mail : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir (160 pages, 12 euros)

Très prochainement, un ensemble de critiques de livres et d'expositions sera disponible dans la rubrique actualité de ce site.

 

A voir, absolument, l'exposition Hopper à la Fondation de l'Hermitage de Lausanne. 

 
(C)Sinécure - Jacques Sicard - Roger Corman
09-07-2010

L’Enterré vivant

de Roger Corman

 

 

Même le vide cosmique est d’opérette, puisque vide de particules, il ne l’est pas d’énergie. D’opérette également le trou noir, qui correspond à un certain type d’étoile, qui correspond elle-même aux conditions nécessaires à l’apparition de la vie. Et le cinéma, lorsque dans une salle obscure, il rend propice une certaine qualité de lumière qui imite la vie, est une manière de trou noir, un agent de l’éternel retour.

  

Non seulement rien ne sera oublié, mais il faudra encore répéter. Répéter sans fin, notamment les 15137 jours salariés pris en compte pour pension par la caisse des Dépôts et Consignations – après avoir rendu les armes, mais gardé les bagages pour les voyages idiots.

 

Au fond de la tombe, lorsque le dos du cadavre heurte la terre retournée, il se produit une déflagration qui projettent éclats de pierres et esquilles d’os, jusqu’à ce que cette poussière de matières se condense à nouveau en mâchoires qui claquent et mains qui frappent le cercueil et ciel qui bleuit au-dehors : c’est l’enterré vivant, prophétisé par Poe.

 

Jacques Sicard

 

 

 

 

 
(C)Sinécure - Jacques Sicard - Partie de campagne de Jean Renoir
09-07-2010

Partie de campagne

de Jean Renoir

 

 

Comme le poisson sortant de sous la feuille du nénuphar, cette femme et cet homme n’étaient que l’expansion d’un point – auquel ils revinrent ensemble, bien avant l’heure du chat, mort dans son sommeil, lové au creux du petit panier rond. A ce point originel, ils revinrent par un baiser. 

 

On aura eu beau parler à propos de Partie de campagne, sa luxuriante beauté naturelle, de la fidélité de Jean Renoir à son père et à l’impressionnisme – ce baiser luxurieux, au secret d’une île, qui prélude à l’inachèvement du film, semble au contraire nous en éloigner au moyen de deux trois conseils :

 

marchez sans bruit – fraîcheur qui trame l’air tiède de l’après-midi, plus désirée que réelle, iris, roselière, terre moussue, et là, fermez à clé ; plongez vos yeux – dans ceux de l’autre, migraine ophtalmique, et là, tenez le symptôme pour une chance ; ne bougez plus – la nuit va se séparer du jour, le côté cour et le côté jardin de toujours, et là, liez vos lèvres amoureuses par un nœud qui étrangle les roseaux.

 

Jacques Sicard

 

 

 

   

 
CRITIQUE | La Panne | Friedrich Dürrenmatt | Editions Zoé
24-06-2010

Moteur ! Jouer au criminel pendant un repas.

 

 

L’auteur suisse Friedrich Dürrenmatt comparait le labyrinthe de la condition humaine à un champ de blé balayé par le vent, dont les épis oscillent pour dessiner des couloirs éphémères et mouvants. Les structures dédaliques, centrales dans l’œuvre de Dürrenmatt, tant pour la référence constante à la mythologie que pour le caractère métaphorique de la figure architecturale, sont sous-jacentes dans la courte pièce intitulée La Panne qu’il rédigea pour la première fois en 1955.

 

Dans une forme de huis clos, la pièce met en scène un représentant de commerce (Traps) à la recherche d’un hébergement dans une petite ville de province suite à une panne de voiture. Ne parvenant pas à trouver de chambre d’hôtel, il finit par être accueilli par un ancien juge qui a l’habitude de réunir quelques retraités pour jouer la mise en accusation d’un invité. La Panne fut rédigée sous trois formes littéraires différentes : pour une pièce radiophonique en 1955, comme nouvelle l'année suivante en 1956, puis dans une forme théâtrale en  1979 (comédie). Plusieurs constructions proposant chacune une perception de l’intrigue légèrement différente. C’est bien dans un labyrinthe que le personnage se laisse enfermer. En acceptant de jouer le jeu et de participer au repas auquel on le convie, prétexte à mettre sur pied un faux procès en devenant l’hypothétique coupable d’une affaire en construction, le représentant de commerce se laisse prendre dans un engrenage kafkaïen. Chaque convive joue un rôle (avocat, juge, procureur, bourreau…) dans cette sorte de pièce de théâtre judiciaire mise en scène au sein même de la représentation théâtrale. La mise en abîme repose sur des rôles immuables qui reviennent à chaque fois que le jeu est réactivé, mais également sur un rôle renouvelé à chaque repas : celui de l’invité coupable. Au départ, il prend cette affaire sur le ton de la plaisanterie et tente de s’en amuser. Le procureur construit progressivement un appareil argumentaire visant à faire parler celui qui doit à terme être reconnu comme coupable, un discours suffisamment efficace pour qu’il se persuade progressivement d’être véritablement un meurtrier. Quelle que soit les directions que le prévenu puisse prendre elles l’accablent et le font plonger dans des issues encore plus fermées, dans des directions qui ne font que renforcer les accusations qui pèsent sur lui. Jusqu’au moment où l’accusé lui-même se sent davantage coupable que le bourreau qui doit exécuter une sentence…

 

Le prétexte de la panne de voiture est une métaphore de la suspension dans le déroulement temporel du quotidien et du routinier. L’arrêt imposé permet de faire tomber le protagoniste dans les mailles de la fiction et de le conduire dans une machine destructrice. Une forme de cauchemar dont il échappe et qu’il n’est plus vraiment certain d’avoir subit lorsqu’il se réveille le lendemain. Malgré une grande simplicité et la brièveté du motif décrit, la pièce de Dürrenmatt s’impose par la qualité de son ressort dramatique et la construction de la manipulation de l’individu. En mettant en scène une forme de théâtre dans le théâtre, l’auteur insiste d’ailleurs sur les dangers de l’illusion de la représentation. Se prendre au jeu peut mener au renversement d’une situation : on passe du statut de simple employé à celui de meurtrier ayant prémédité son crime en quelques minutes…

 

Les excellentes éditions Zoé ont récemment édité La Panne dans la collection Mini-Zoé. Le lecteur pourra découvrir ce texte condensé et parfaitement ciselé dans une nouvelle traduction de la première version destinée à la radio (Hélène Mauler et René Zahnd). Percutants, les dialogues prennent chaire très facilement, il s’incarnent dès la première lecture et nous avons envie de les entendre exister dans l’espace. Souhaitons que ce texte majeur de Dürrenmatt soit redécouvert et qu’une mise en scène puisse en être donnée, dans une facture contemporaine susceptible de révéler la puissance de cette intrigue qui parait d’une grande actualité. Ettore Scola porte à l'écran le thème développé dans La Panne en 1972 (La piu bella serata della mia vita). La question de la représentation, du caractère spéculaire de la création, ou le problème de la persuasion et de l’éclatement étoilé de la vérité sont autant de sentiers à parcourir et de balises sur les chemins sinueux et escarpés à arpenter dans le labyrinthe de mots de Dürrenmatt. De nouvelles portes souvrent sans cesse mais toujours pour nous perdre encore un peu plus. Il convient avec l’auteur suisse de penser notre position par rapport au monde et les relations interindividuelles non dans une dialectique de la simplification, mais avec comme finalité de démultiplier sans cesse les ancrages de la réflexion.

 

GP

 

 

 

durrenmatt_panne.gifFriedrich Dürrenmatt, La Panne

Carouge, Editions Zoé, 2010

3 € 50

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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