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16-04-2011 |
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Nourrie de musique psychédélique, de l'univers du groupe Air, de la guitare de Jimi Hendrix...
découvrir le premier album du néo-zélandais Connan Mockasin et tout particulièrement titre
de 10 minutres "Forever Dolphin Love"
sur Spotify
Article du jounral Le Monde, daté samedi 9 avril 2011 :
Les rêveries fulgurantes et planantes du chanteur néo-zélandais Connan Mockasin
En décembre 2010, sur l'une des scènes des Transmusicales de Rennes,
un blondinet, à la coupe "clo-clo" et aux aigus dignes de Christophe,
avait fasciné par sa langueur psychédélique et l'onirisme fluide tiré
d'une guitare ovale d'un bleu piscine.
"C'est une Stratocaster dont j'ai découpé les coins pour l'arrondir", explique Connan Mockasin, ledit blondinet, Néo-Zélandais de 28 ans. Forever Dolphin Love, son premier album, d'abord paru au Royaume-Uni, en 2010, sous le nom Please Turn me into the Snat, est une attachante bizarrerie dont il a taillé la forme selon son bon vouloir. "J'ai décidé qu'il ferait 36 minutes, pas une de plus, s'amuse l'excentrique des antipodes, et
que j'écrirais et enregistrerais dans l'ordre qui apparaîtrait au final
sur le disque, chaque morceau me suggérant le suivant."
Rêveries planantes
Le
résultat (biaisé dans le pressage français, où ces dix morceaux en
studio sont enchaînés à sept titres enregistrés en concert) tient
autant du bricolage que de la magie. On y entend les tâtonnements de
l'improvisation et de l'inachevé, mais aussi des fulgurantes rêveries
planantes émises d'une voix de tête au coeur de sonorités aquatiques.
L'ambiguïté grivoise de It's Choade my Dear ("choade"
pouvant désigner en anglais un pénis aussi large que long) contraste
avec la beauté aérienne d'une mélodie et d'un riff de guitare
ressemblant à du Jimi Hendrix (l'une de ses idoles) sous antidépresseurs.
Envoûtante dérive de dix minutes, la chanson Forever Dolphin Love voit le guitariste vocaliser comme un enfant de Syd Barrett et Flipper le dauphin. "Je suis tombé sur Internet sur un essai consacré à l'amour physique des dauphins, raconte le musicien. Ce type expliquait comment les étreindre et les caresser."
Grandi à Tauranga, une petite ville balnéaire de la côte est de l'île nord du pays, Connan Hosford
en décrit le plaisir quotidien des séances de surf mais aussi les
frustrations d'une scolarité où la notion d'art se limitait à celui du
placage de rugby et la musique du haka des All Blacks.
Une
guitare, achetée à l'âge de 9 ans, lui fournit quelques pistes
d'évasion, mais c'est surtout le Japon qui lui permettra d'exalter son
goût du mystère. "Les films d'animation de Miyazaki (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro)
m'ont fait particulièrement rêver. J'aime, par exemple, la façon dont
ses méchants possèdent des qualités qui les rendent ambigus et
troublants", confie le chanteur.
Connan Mockasin avoue aussi volontiers ses penchants francophiles : il aime Serge Gainsbourg et Air, le groupe de Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin.
Il
y a cinq ans, Connan Mockasin quitte la Nouvelle-Zélande pour Londres.
Il est repéré par quelques activistes de la scène underground et se
rapproche de groupes comme Late of the Pier, les Klaxons ou Micachu and
the Shapes, avant de signer un contrat avec Phantasy Sound, label discographique dirigé par le DJ Erol Alkan, gourou de la scène dance punk.
Deux ans après l'enregistrement des morceaux de Forever Dolphin Love, Connan Mockasin se dit tenté par d'autres voies, "sans que j'aie la moindre idée de ce à quoi cela va ressembler", modère-t-il immédiatement.
Stéphane Davet
Forever Dolphin Love, de Connan Mockasin. 1 CD PhantasySound-Because-Warner.
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16-04-2011 |
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L’invention de la nature
(sur la peinture d'Abel Pradalié)
Le poète latin Ovide sut mettre en scène l’harmonie de la dualité par l’invention
d’une langue rompant avec le critère unitaire du beau. Dans les Métamorphoses, tout
particulièrement, il développa une esthétique du mélange et de l’exposition simultanée
de deux états des êtres ou des objets. La peinture d’Abel Pradalié s’inscrit dans cette
recherche poétique de dualité visant à confronter et à rendre compatible plusieurs
sujets dans une même composition. Peuvent ainsi être mêlées des références à l’art
cynégétique, activité ancestrale établissant un rapport entre l’homme et l’animal, des
allusions précises à la mythologie, placées dans une perspective de transfert du mythe
universel vers le mythe individuel, à quoi est associé un travail sur le paysage pris au
sens de l’espace naturel de plein air, terrain de potentielles fictions contemporaines.
Abel Pradalié, Partie de chasse en Bourgogne, 2010, huile sur toile, 160 x 160 cm, courtesy Galerie Françoise Besson.
Abel Pradalié aime parcourir la nature à la recherche d’objets surprenants ou de curiosités.
Ses promenades sont guidées par une attention portée aux éléments les plus détaillés
du paysage et à ce que François Dagognet nomme la « puissance matériologique » de
ces détails. Son appropriation physique du cadre naturel passe nécessairement par la
détection de formes ou de matières particulières, regard très orienté qu’il exploite pour
construire plastiquement ses tableaux qui ne représentent jamais un lieu précis, mais
prennent forme par facettes avec la résurgence de plusieurs fragments de souvenirs
topographiques. Les figures tirées de l’univers de la chasse, de la mythologie ou du
monde contemporain cohabitent sans que des liens apparaissent immédiatement au
spectateur. Leur point commun ou de rencontre est leur caractère hybride, la mixité de
leur condition entre le végétal ou l’animal et l’humain. Mais par ailleurs, c’est l’efficacité
et le degré d’activité de ces figures qui est mis en question dans les compositions de A.
Pradalié. Aujourd’hui, quelle peut-être la prégnance du thème primaire et intrinsèque
à la nature humaine de la chasse ? De quelle manière un thème littéraire ovidien peutil
répondre aux enjeux de la société contemporaine ? Ses interrogations sont induites
par un travail pictural favorisant la superposition de plusieurs strates temporelles et la
convergence de situations fixées dans différents temps. Par ailleurs, des références
explicites à l’histoire de la peinture instaurent d’autres niveaux de lecture. On pense aux
grandes scènes de chasse de Gustave Courbet ou à certains sujets animaliers de Jean
Siméon Chardin qui, avant d’être des représentations de corps dans des espaces, sont
de spectaculaires moments de peintures. L’hallali du cerf de Courbet est avant tout une
tranche de temps, une prise de position de peintre revendiquant un engagement sur
son médium et exprimé en des termes plastiques propres à la peinture (par exemple
l’importance du traitement de la neige). Conformément à cet exemple, la peinture de A.
Pradalié doit avant tout être lue comme un moment de peinture qui puise dans plusieurs
registres temporels. Les figures sont d’ailleurs souvent saisies dans des positions d’attentes
ou des instants intermédiaires qui entendent une évolution, un après qui pourrait tout
bouleversé. Les thèmes de l’hybridité et de la métamorphose participent à l’établissement
de cette atmosphère incertaine qui suspend la tension dramatique de la composition.
La palette d’Abel Pradalié, lumineuse, d’une grande clarté, marquée par des verts et
des bleus assez personnels, instaure un climat pour réunir des motifs parfois disparates
issus de recherches iconographiques très différentes. Le répertoire de formes est utilisé
comme dans le champ de la gravure : des images tenant lieux de poncifs peuvent être
exploitées dans plusieurs travaux, leur pouvoir d’évocation pouvant varier au gré de
confrontations proposées d’oeuvres en oeuvres (dès Albrecht Dürer). C’est d’ailleurs par
la gravure que l’artiste a mis en place les bases du travail présenté à la galerie Françoise
Besson : en réfléchissant à l’illustration des Métamorphoses d’Ovide. La difficulté de
condenser en une seule image le phénomène complexe d’un changement d’état ou
d’une transformation, a été résolue par la rencontre et l’articulation de plusieurs motifs
volontairement en décalage aux points de vue temporel et de l’échelle de représentation.
Les instruments clefs de la compréhension du thème iconographique sont réunis, mais
leur mise en pages induit une interprétation particulière et contemporaine qui s’écarte de
la simple illustration. Abel Pradalié invente à chaque fois une nouvelle fiction qui s’impose
sur le récit rapporté par Ovide. La réflexion autour de la relation entre la figure et le fond
ou entre le sujet et son décor, est très certainement nourrie par cette expérience de
la gravure, qui, par exemple, offre la possibilité à l’artiste de réfléchir à l’inachèvement
de parties de sa composition ou à l’utilisation localisée d’effets purement plastiques.
C’est pourtant bien à la peinture que A. Pradalié est formé, visuellement, par la présence
des oeuvres de son père Philippe Pradalié qui depuis les années 1960 maintient un travail
figuratif transcendant les débats sur le médium. Plus tard, à la fin des années 1990, c’est
à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris qu’il poursuit son exploration du
très riche potentiel de la peinture, en intégrant l’atelier de Jean-Michel Alberola et au
contact de Vincent Bioulès et Vladimir Vélikovic : chacun ayant réussi à se positionner
d’une manière singulière en définissant son propre climat et en mettant constamment
en question les limites de la peinture dans leur entreprise. Au départ, pour Abel Pradalié,
la peinture se passait sur le terrain, il peignait sur le motif, au contact direct du sujet
à prélever. Ces expériences le conduisent plus tard, vers 2005, à entreprendre une
série de grandes vues panoramiques de la ville de Madrid dans lesquelles il travaille
particulièrement sur les différentes orientations du regard ouvert à 180°. C’est avec cette
série qu’il parvient à penser les liens subtils entre le sujet et les outils qui permettent de
le donner à voir, qui parfois peuvent s’affirmer en temps que tels et prendre le pas sur le
référent. Depuis 2008, il pense ses peintures par associations de thèmes iconographiques
composites dans lesquels certaines parties sont extrêmement détaillées et d’autres à
peine envisagées ou maintenues à l’état d’aplats colorés. Dans les premières compositions
de cet ensemble, telle que Daphné, les trois ou quatre motifs se détachent sur un fond
monochrome neutre que l’artiste renvoie à sa fascination pour les effets de mise en scène
du peintre caravagiste Valentin de Boulogne (1591 – 1632). Les oeuvres les plus récentes
ont intégré progressivement le paysage pour en faire un cadre unificateur susceptible
de favoriser les connivences entre animaux, figures, ou événements inexplicables.
Les jeux optiques sont un matériau à part entière. Les peintures se lisent rarement
d’une manière immédiate et frontale, elles cachent de nombreuses distorsions qui
doivent inciter le regardeur à libérer son approche subjective. L’artiste ne distribue pas
les différents plans dans un système progressif à la manière des grands paysages de
Nicolas Poussin, mais rompt avec cette logique d’étalement en détaillant beaucoup, par
exemple, la silhouette d’un volcan visible au loin qui focalise le regard, au détriment d’un
personnage du premier plan à peine esquissé. Ce type de renversement est prolongé par
la récurrence de détails anthropomorphiques ou traités comme des anamorphoses. Des
déformations qui peuvent conduire à des lectures doubles et permettant de camoufler des
animaux comme dans Wunderkind où une sorte de chien fantastique surgit à peine d’un
panache de fumée. Ces transformations optiques sont accompagnées par la convergence
de plusieurs régimes d’échelles au sein d’un même tableau. Des figures lilliputiennes
situées dans des champs ne semblent pas participer aux mêmes niveaux fictionnels que
des personnages à l’échelle par rapport au paysage. Dans Partie de chasse en Bourgogne,
Abel Pradalié joue avec ces ruptures pour rompre le fil narratif et y maintenir une part
de mystère. Il ne s’agit pas de représenter des sujets vraisemblables, mais de manipuler
avec les outils offerts par la peinture le vocabulaire iconographique tiré du réel. L’artiste
cherche avant tout à susciter une ambiance suffisamment énigmatique pour conduire
l’esprit à divaguer. Enfin, les corps sont fréquemment représentés difformes, avec une
partie du bras ou une main beaucoup trop importante par rapport au reste de l’anatomie,
comme si des détails étaient énormément grossis ou zoomés. A. Pradalié caractérise
ces effets comme des «envies de peinture» qui condensent un intérêt particulier et
matérialisent spatialement un désir de s’attarder sur le détail. La main déformée au
bas de l’Autoportrait du Parmesan (1503 – 1540), démesurément grossie et allongée,
comme reflétée dans un miroir convexe, correspond à cette forme de jubilation
devant le médium peinture et participe d’une forme de mise en scène de l’activité.
Gwilherm Perthuis
Texte publié dans le Cahier de Crimée n° 8 (mars 2011) à l'occasion de l'exposition
"Histoires naturelles" à la galerie Françoise Besson (Lyon, jusqu'au 12 mai 2011.
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04-04-2011 |
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Eraserhead
de David Lynch
Dans
la pensée, le mouvement précède de quelques centaines de millisecondes la force
qui le produit. Paradoxe qui tient à ce que cette force n’est que l’indolence
d’une absence de conviction. On ne dira jamais assez le manque d’enthousiasme à
être de la pensée. Ce qui l’apparente au regard. Qui n’aime rien tant que vivre
par procuration.
David
Lynch plante sa caméra au cœur même de la dérobade de la pensée. La langueur du
mouvement psychique y adopte d’emblée toutes les apparences de l’épouvante.
Pourquoi ? Par prudence. L’effroi étant socialement plus acceptable que
l’ennui. Toujours moins scandaleux de terroriser comme tout le monde que de se
faire chier comme pas un. On évite ainsi bien des tracasseries.
La
mélancolie réelle fait que l’usine-monde représentée en esprit, avant même que
d’être active, est déjà dans l’abandon de ses ruines. La sagesse feinte la
laisse hantée par la mémoire sonore de la litanie des ahans, mêlée au vent
coulis sous les portes, nécessaire à sa durée d’exploitation. – Mais ce vacarme
industriel manque d’envie, tout rechigne en lui et, non, rien ne peut faire qu’il
ne sente le lit.
Jacques Sicard
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09-03-2011 |
Conférences de l'association de soutien et de promotion des musées d'Annecy : 15/03/2011 - 12/04/2011 (par Gwilherm Perthuis)
L’association pour le soutien et la promotion des musées d’Annecy (APMA)
présente son second cycle de conférences, du 15 mars au 12 avril 2011,
sur la thématique des "Jeux visuels, humour et associations d'idées
dans les arts du XVe au XXe siècle".
Conférences de l'APMA sur
les "jeux visuels, humour et associations d'idées dans les arts du
XV°au XX° siècle", par Gwilherm Perthuis, Historien de l'art,
commissaire d'exposition et critique d'art, rédacteur en chef de la
revue littéraire et artistique Hippocampe.
Humour, ironie, excentricité... Une approche de l'œuvre de Konrad Witz (1400-1444) par les détails
Présentation
de l'œuvre peinte de l'artiste bâlois en se penchant sur des détails
particulièrement importants qui permettent de comprendre l'accession à
la modernité de cet artiste longtemps considéré comme médiéval.
L'analyse de détails ironiques ou chargés d'humour permettra de mieux
comprendre la position excentrée de l'artiste, sa relation aux grands
foyers artistiques italiens et nordiques et sa manière singulière (par
l'humour) de négocier la modernité.
- Mardi 15 mars 2011 à 18h30
Une brève histoire de l'anamorphose : des inventions d'Erhard Schön (XVIe) aux photographies de Georges Rousse
L'anamorphose
est un jeu optique. Une image déconstruite par un travail mathématique
et géométrique, qui ne se structure que depuis un point d'observation
très précis et unique. Les mêmes lignes condensent plusieurs sujets. En
partant de l'invention de l'anamorphose au début du XVIe et en prenant
comme point d'accroche les gravures anamorphosiques de l'allemand
Erhard Schön, nous dresserons une histoire de ce jeu: les usages, les
différentes modalités d'expression et les ressorts théoriques. Nous
conclurons avec des exemples contemporains.
- Mardi 29 mars 2011 à 18h30
Le
rêve, l'excentricité, le fantastique... L'appropriation des artistes
ancrés dans l'histoire par les surréalistes (Uccello, Piero di
Cosimo...)
Dans les années 1930, le surréalisme est
l'un des mouvements d'avant-garde les plus dynamiques. Le travail sur
le rêve, les manifestations de l'inconscient et l'intérêt pour
l'étrange les conduisent à s'intéresser à l'histoire de l'art et aux
artistes des siècles passés implicitement touchés par ces domaines. Par
l'analyse des œuvres d'André Breton, Max Ernst, Magritte, Picabia, ou
Brassaï, puis l'étude d'expositions ou de publications remarquables
telles que la revue surréaliste Minotaure (années 1930), nous mettrons
en évidence l'inscription des surréalistes dans une perspective
historique.
- Mardi 12 avril 2011 à 18h30
Tarifs : 8 € (forfait de 20 € les 3 conférences)
Lieu : salle Yvette Martinet (15 avenue des Iles)
Renseignements au 06 68 25 78 94
www.apma-annecy.fr
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07-03-2011 |
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Yûkoku
Rites d’amour et de mort
de Yukio
Mishima
Le
Nô et le Muet. La raideur textile associée à la raideur mécanique. Le geste
contenu, l’éclat soufflé, la réserve de cette forme ancienne du théâtre
japonais et le caractère « muou », à savoir peu sociable, taciturne, voire
malaimable, sinon brutal du premier cinéma. Le mouvement suspendu de l’un dans
le miiye et la volte-dos de l’autre due à une suite d’images qui les juxtapose
sans faire récit. Le costume d’apparat du drame lyrique, dans lequel le
comédien se glisse un peu perdu et le costume d’épouvantail du burlesque,
seconde et vraie peau pour quoi l’acteur mue. La mort évoquée comme un lointain
souvenir que l’on se remémore avec tristesse dans le nô et la mort comme le bel
hiver quand il vient en défaisant les choses avec de l’angoisse du cinéma
sourd. L’amour esthétisé ici, angélique là, dans tous les cas méconnaissable,
aussi monstrueux que la communauté européenne fondée sur une monnaie – mais,
lui, jamais méprisable.
Jacques Sicard
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06-03-2011 |
"Ne nous leurrons pas :
si Marcel Duchamp, Pablo Picasso ou Albert Einstein étaient morts à la
naissance, on aurait quand même eu le ready-made, le cubisme ou la
théorie de la relativité. Peut-être juste avec quelques semaines de
retard. Il faudrait faire une histoire de l'art sans noms propres : il
s'agit surtout de grandes vagues sur lesquelles surfent quelques
individus qui sont au bon endroit au bon moment."
François Morellet, in "Le Monde", dimanche 6 et lundi 7 mars 2011.
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