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CRITIQUE | Alessandro Mercuri - Kafka-cola |
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Bulle de coca
Prononcée par un chercheur universitaire, un
sociologue par exemple, la phrase aurait été
acclamée. Dite au détour d’une interview par le
PDG de TF1, elle passe pour du cynisme et fait
scandale, au point de devenir un slogan recyclé
maintes fois par les médias et la classe intellectuelle
bien pensante. C’est à partir de la désormais
fameuse phrase de Patrick Le Lay sur le
« temps de cerveau humain disponible » « vendu
à Coca-Cola » que le livre d’Alessandro Mercuri,
Kafka cola (2008), est construit. L’auteur tente
de décrypter cette phrase en grattant le plus
profondément possible ses racines, en invoquant
un panel très large de disciplines susceptibles
d’herboriser les types de feuilles que la citation
produit et en investissant des champs littéraires
extrêmement ouverts qui permettent de faire
ressortir les sédiments nécessaires à son arborescence…
Sont ainsi mentionnées à la fin du
livre, dans une rubrique copyrights, les différentes
sources qui permettent à l’auteur de fonder
son raisonnement et d’étayer ses arguments.
On passe en revue des personnalités aussi différentes
que George Bush, Serge Gainsbourg,
René Descartes, ou les slogans de Nike ou
Adidas. De la publicité à la phrase politique
choc, de la pensée philosophique au vers mis
en musique… Alessandro Mercuri propose un
parcours libre sans perspective définitivement
tracée, faisant valser le lecteur au gré de jeux
de mots et d’associations d’idées, avec pour
seule unité la vision comique et hallucinée de
notre société de consommation. Il interroge le
fonctionnement économique et politique du
monde contemporain et se demande ce qui
signe la sphère médiatique qui le porte.
L’univers baroque et surréaliste dans lequel l’auteur
nous plonge mêle informations réelles et
dérives fictives : un mélange explosif de propos
factuels, référencés, documentés et d’exploration
de ressorts fictionnels qui donnent une
saveur faussement apaisante à ce Kafka Cola.
GP
 Alessandro Mercuri
Kafka-cola
Editions Léo Scheer, 2008
140 pages, 12 euros.
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