Inscription newsletter




feed image

Articles similaires

(C)Sinécure | Jacques Sicard | Mirkalkov Version imprimable Adresse mail

Quelques jours dans la vie d’Oblomov

de Nikita Mikhalkov

 

 

Peut-être faut-il chercher du côté de la littérature et de la peinture ce qui, exceptant son contenu, caractérise l’image de cinéma. On dira qu’on éprouve à son contact la langueur du monde oblomovien, tel que décrit par Gontcharov. Monde qui dans ce cas emprunte formellement à la somnolence quiète dans leurs chairs graisseuses-osseuses des personnages de Lucian Freud. Eux qui s’oublient sur des lits comme après s’être fait vomir à l’antique avec des plumes. Saisie en plongée, leur disgrâce physique, adipeuse, s’épanouit en fleurs de bégonia qui occulte l’espace de ses bourrelets, s’étale si bien qu’elle semble de sa calme difformité composer le cadre même ; squelettique, grave sur bois de fil la surface qui énerve le regard-spectateur parce que celui-ci n’y trouve aucun accueil ni place. Saisie en contre-plongée (plus rarement), elle toise, surprise et sans s’attarder, yeux voilés dans une amande de graisse ou bien enfoncés dans les cavités orbitales, le passage des humains de l’autre côté de la toile, leurs têtes payantes sous le joug de l’apprentissage à vie. – Cinématographie.

 

 

 

 

 
© 2012 Hippocampe
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.