Une parenthèse ante mortem qui s’ouvre sur
la trotteuse d’une montre en passe de s’arrêter et se ferme sur le crash d’un
avion.
Dans ce temps non-compté, une de ces
histoires qui n’organisent pas le pessimisme, autrement dit ne le socialisent
pas.
Histoire d’un buisson épineux de vieilles
rides et d’une toison folle, d’un rouge fauve. Histoire d’un paranoïaque et
d’une luciole. Soit d’un récit obsessionnellement intérieur d’états naturellement
extérieurs et d’une lueur qui, faute d’avoir l’intériorité d’une flamme, a tout
le dehors de la nuit.
Absence de synchronie qui rythme depuis
toujours le moment amoureux, à ceci près que chez Resnais il ne fait pas roman,
parce que l’asymétrie il ne la doit qu’au pays follet qui est le sien – pas de
commerce, de là son côté répulsif, mal aimable.
Et l’impression qu’il laisse d’avoir deux
heures durant été confronté, par faux-raccords, à un regard caméra qui traverse
le corps spectateur, notre corps adoré, corps devenu culte, corps idéologique,
comme un neutrino peut traverser toute la Terre sans rien voir.