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Cinéma parlé Jacques Sicard - Resnais Version imprimable Adresse mail

                                         Les Herbes folles

 

                                          d’Alain Resnais

 

                                                     

   Une parenthèse ante mortem qui s’ouvre sur la trotteuse d’une montre en passe de s’arrêter et se ferme sur le crash d’un avion.

 

   Dans ce temps non-compté, une de ces histoires qui n’organisent pas le pessimisme, autrement dit ne le socialisent pas.

 

   Histoire d’un buisson épineux de vieilles rides et d’une toison folle, d’un rouge fauve. Histoire d’un paranoïaque et d’une luciole. Soit d’un récit obsessionnellement intérieur d’états naturellement extérieurs et d’une lueur qui, faute d’avoir l’intériorité d’une flamme, a tout le dehors de la nuit.

 

    Absence de synchronie qui rythme depuis toujours le moment amoureux, à ceci près que chez Resnais il ne fait pas roman, parce que l’asymétrie il ne la doit qu’au pays follet qui est le sien – pas de commerce, de là son côté répulsif, mal aimable.

 

   Et l’impression qu’il laisse d’avoir deux heures durant été confronté, par faux-raccords, à un regard caméra qui traverse le corps spectateur, notre corps adoré, corps devenu culte, corps idéologique, comme un neutrino peut traverser toute la Terre sans rien voir.

 

 

 

 
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