Chez
Hopper, l’extrême rigidité/rigueur du cadre provoque une déformation latente
des éléments qui composent le motif. Rigidité qui n’est telle que parce qu’elle
exclue et de la plus arbitraire des façons toute idée de hors-champ. Il n’est,
chez lui, de dehors que dans la bordure du cadre. Rigidité due également à son
insistante répétition dans la peinture (tableaux dans le tableau, fenêtres,
portes, tables, lits, livres, écrans, géométriques ombres portées, légère
orthogonie parfois des formes humaines comme si tout intérieure, elle
affleurait, etc.). Dès lors, autant le réalisme cinématographique de ces
éléments appelle le mouvement, autant celui-ci est-il empêché par la fermeture
redoublée de la toile, si ostentatoire qu’elle en semble le vrai sujet.
Contrainte spatiale qui induit une distorsion des lignes, d’abord imperceptible
mais qui, procédant par flux, travaille l’ensemble peint, cette naturaliste
trame d’insignifiance propre à Hopper, vers une monstruosité seconde, comme on
parle d’état second.