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Edward Hopper - par Jacques Sicard Version imprimable Adresse mail

                                            Edward Hopper

 

 

Chez Hopper, l’extrême rigidité/rigueur du cadre provoque une déformation latente des éléments qui composent le motif. Rigidité qui n’est telle que parce qu’elle exclue et de la plus arbitraire des façons toute idée de hors-champ. Il n’est, chez lui, de dehors que dans la bordure du cadre. Rigidité due également à son insistante répétition dans la peinture (tableaux dans le tableau, fenêtres, portes, tables, lits, livres, écrans, géométriques ombres portées, légère orthogonie parfois des formes humaines comme si tout intérieure, elle affleurait, etc.). Dès lors, autant le réalisme cinématographique de ces éléments appelle le mouvement, autant celui-ci est-il empêché par la fermeture redoublée de la toile, si ostentatoire qu’elle en semble le vrai sujet. Contrainte spatiale qui induit une distorsion des lignes, d’abord imperceptible mais qui, procédant par flux, travaille l’ensemble peint, cette naturaliste trame d’insignifiance propre à Hopper, vers une monstruosité seconde, comme on parle d’état second.

 

Jacques Sicard

 

 

 

 
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