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Jacques SICARD | La Garçonnière de Billy Wilder Version imprimable Adresse mail

                                               La  Garçonnière

                                                             de Billy Wilder

 

 

Le cinéma américain des années 1950-60, indépendamment de ses contenus, a su créer de merveilleux espaces intimes que l’idéologie vendait clés en main comme des appartements dont le bonheur d’y vivre se payait sans exemption possible d’obligations et commerce inhérents à la vie en société, mais que l’esthétique changeait, par réductions successives dues au travail sur le cadre, le décor, la lumière, les angles de prise de vue limités, en la douceur de l’attente propre aux chambres célibataires.

 

Le personnage participait à cette conversion et ce cinéma-là poussa très loin la singularité de celui-ci. A priori, échantillon sans nuance d’une classe moyenne destinée à mettre sous l’éteignoir toute espèce d’antagonisme, sa seule présence dans une habitation, une pièce domestique, suffisait à la rendre au vacant, à l’oisif, à l’inemployé. Comme si passant de l’être humain naturellement disgracié, migraineux, vil ou contrefait, un parmi les futurs soins palliatifs, toutes qualités nécessaires à la dramaturgie – comme si passant de l’homme au personnage, il devenait et produisait un no man’s land, une existence retenue, au creux de l’alcôve où l’ombre s’orne d’une peinture.

 

 

Jacques Sicard

 

 

 

 

 

 

 
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