Inscription newsletter




feed image
Jacques Sicard - Eraserhead de David Lynch Version imprimable Adresse mail

                                                                 Eraserhead

 

                                          de David Lynch

 

 

Dans la pensée, le mouvement précède de quelques centaines de millisecondes la force qui le produit. Paradoxe qui tient à ce que cette force n’est que l’indolence d’une absence de conviction. On ne dira jamais assez le manque d’enthousiasme à être de la pensée. Ce qui l’apparente au regard. Qui n’aime rien tant que vivre par procuration. 

 

David Lynch plante sa caméra au cœur même de la dérobade de la pensée. La langueur du mouvement psychique y adopte d’emblée toutes les apparences de l’épouvante. Pourquoi ? Par prudence. L’effroi étant socialement plus acceptable que l’ennui. Toujours moins scandaleux de terroriser comme tout le monde que de se faire chier comme pas un. On évite ainsi bien des tracasseries.

 

La mélancolie réelle fait que l’usine-monde représentée en esprit, avant même que d’être active, est déjà dans l’abandon de ses ruines. La sagesse feinte la laisse hantée par la mémoire sonore de la litanie des ahans, mêlée au vent coulis sous les portes, nécessaire à sa durée d’exploitation. – Mais ce vacarme industriel manque d’envie, tout rechigne en lui et, non, rien ne peut faire qu’il ne sente le lit.

 

Jacques Sicard

 

 

 

 
© 2012 Hippocampe
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.