Jacques Sicard - Une femme mariée de Jean-Luc Godard
Une
femme mariée
de Jean-Luc Godard
Quels
époux n’ont contresigné leur mariage dans le lit d’un tiers ? Une femme
mariée adultère est un pléonasme, dont l’insignifiance est aggravée par son
amour sincèrement partagé entre mari et amant. De celle-là, nul ne pourra
affirmer qu’il ne l’aura un jour attendue. Qu’il n’en aura pas été le transi.
Parce que du même bois. Sauf à la hacher menu, façon Godard, par le procédé
cinématographique qui consiste à assembler, contre la logique, les apparences
et le sens, des éléments disparates. Eclatement qui ne produit pas la critique
sociale de l’état de cette femme, mais rend sa légèreté un rien collet monté. Locution qui caractérise
une personne revêche, austère, solennelle, affectée, prude, cérémonieuse, etc.
Adjectifs qui conviennent parfaitement à l’effet du procédé en question. Mais
encore, rigide, cassant, formaliste, contre-nature, posthumain, monstrueux – le
collé/monté. Et la femme mariée, à travers lui. Elle et son monde devenus
supportables. Un peu.