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Musique - le Néo-zélandais Connan Mockasin Version imprimable Adresse mail

Nourrie de musique psychédélique, de l'univers du groupe Air, de la guitare de Jimi Hendrix...

découvrir le premier album du néo-zélandais Connan Mockasin et tout particulièrement titre

de 10 minutres "Forever Dolphin Love"

sur Spotify

 

 

 Article du jounral Le Monde, daté samedi 9 avril 2011 :

 

Les rêveries fulgurantes et planantes du chanteur néo-zélandais Connan Mockasin

 

En décembre 2010, sur l'une des scènes des Transmusicales de Rennes, un blondinet, à la coupe "clo-clo" et aux aigus dignes de Christophe, avait fasciné par sa langueur psychédélique et l'onirisme fluide tiré d'une guitare ovale d'un bleu piscine.

"C'est une Stratocaster dont j'ai découpé les coins pour l'arrondir", explique Connan Mockasin, ledit blondinet, Néo-Zélandais de 28 ans. Forever Dolphin Love, son premier album, d'abord paru au Royaume-Uni, en 2010, sous le nom Please Turn me into the Snat, est une attachante bizarrerie dont il a taillé la forme selon son bon vouloir. "J'ai décidé qu'il ferait 36 minutes, pas une de plus, s'amuse l'excentrique des antipodes, et que j'écrirais et enregistrerais dans l'ordre qui apparaîtrait au final sur le disque, chaque morceau me suggérant le suivant."

Rêveries planantes

Le résultat (biaisé dans le pressage français, où ces dix morceaux en studio sont enchaînés à sept titres enregistrés en concert) tient autant du bricolage que de la magie. On y entend les tâtonnements de l'improvisation et de l'inachevé, mais aussi des fulgurantes rêveries planantes émises d'une voix de tête au coeur de sonorités aquatiques.

L'ambiguïté grivoise de It's Choade my Dear ("choade" pouvant désigner en anglais un pénis aussi large que long) contraste avec la beauté aérienne d'une mélodie et d'un riff de guitare ressemblant à du Jimi Hendrix (l'une de ses idoles) sous antidépresseurs.

Envoûtante dérive de dix minutes, la chanson Forever Dolphin Love voit le guitariste vocaliser comme un enfant de Syd Barrett et Flipper le dauphin. "Je suis tombé sur Internet sur un essai consacré à l'amour physique des dauphins, raconte le musicien. Ce type expliquait comment les étreindre et les caresser."

Grandi à Tauranga, une petite ville balnéaire de la côte est de l'île nord du pays, Connan Hosford en décrit le plaisir quotidien des séances de surf mais aussi les frustrations d'une scolarité où la notion d'art se limitait à celui du placage de rugby et la musique du haka des All Blacks.

Une guitare, achetée à l'âge de 9 ans, lui fournit quelques pistes d'évasion, mais c'est surtout le Japon qui lui permettra d'exalter son goût du mystère. "Les films d'animation de Miyazaki (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro) m'ont fait particulièrement rêver. J'aime, par exemple, la façon dont ses méchants possèdent des qualités qui les rendent ambigus et troublants", confie le chanteur.

Connan Mockasin avoue aussi volontiers ses penchants francophiles : il aime Serge Gainsbourg et Air, le groupe de Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin.

Il y a cinq ans, Connan Mockasin quitte la Nouvelle-Zélande pour Londres. Il est repéré par quelques activistes de la scène underground et se rapproche de groupes comme Late of the Pier, les Klaxons ou Micachu and the Shapes, avant de signer un contrat avec Phantasy Sound, label discographique dirigé par le DJ Erol Alkan, gourou de la scène dance punk.

Deux ans après l'enregistrement des morceaux de Forever Dolphin Love, Connan Mockasin se dit tenté par d'autres voies, "sans que j'aie la moindre idée de ce à quoi cela va ressembler", modère-t-il immédiatement.

 

Stéphane Davet


Forever Dolphin Love, de Connan Mockasin. 1 CD PhantasySound-Because-Warner.

 

 
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