Un
homme qui crie n’est pas un homme qui souffre, mais un homme qui s’arrête. Un
homme qui crie, c’est un père qui ferme les yeux sur ce qui arrive à son fils –
non pas ogre, mais orbe. Ce faisant, il se dépouille de toute paternité. Ne
serait que prétexte une nostalgie de jeunesse motivant sa fermeture ou son
abandon. Ainsi fermé, il défait la filiation même, n’est plus le fils qu’il fut
un jour. La chaîne générationnelle par deux fois rompue, il cesse également
d’être un homme, celui qui est au principe de cette consécution, comme de
toutes consécutions (dont celle du film, de plus en plus lacunaire). A ce point
sans conséquence, il peine même à être. Ce à quoi il parvient pourtant, ce à
quoi il parviendra toujours. Mais mal. Car de l’être ne peut plus être entendu
le nom. Parce que le cri – qui n’est pas comme la musique : c’est une expiration
de ténèbres qui se condense en sons pour in-ouïr le reste. Non pas ogre, mais onde.