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Une homme qui crie - par Jacques Sicard Version imprimable Adresse mail

Une homme qui crie

                                                                  de Mahamat-Saleh Haroun

 

 

Un homme qui crie n’est pas un homme qui souffre, mais un homme qui s’arrête. Un homme qui crie, c’est un père qui ferme les yeux sur ce qui arrive à son fils – non pas ogre, mais orbe. Ce faisant, il se dépouille de toute paternité. Ne serait que prétexte une nostalgie de jeunesse motivant sa fermeture ou son abandon. Ainsi fermé, il défait la filiation même, n’est plus le fils qu’il fut un jour. La chaîne générationnelle par deux fois rompue, il cesse également d’être un homme, celui qui est au principe de cette consécution, comme de toutes consécutions (dont celle du film, de plus en plus lacunaire). A ce point sans conséquence, il peine même à être. Ce à quoi il parvient pourtant, ce à quoi il parviendra toujours. Mais mal. Car de l’être ne peut plus être entendu le nom. Parce que le cri – qui n’est pas comme la musique : c’est une expiration de ténèbres qui se condense en sons pour in-ouïr le reste. Non pas ogre, mais onde. 

 

 

Jacques Sicard

 

 

 
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