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Yukio Mishima - par Jacques Sicard |
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Yûkoku
Rites d’amour et de mort
de Yukio
Mishima
Le
Nô et le Muet. La raideur textile associée à la raideur mécanique. Le geste
contenu, l’éclat soufflé, la réserve de cette forme ancienne du théâtre
japonais et le caractère « muou », à savoir peu sociable, taciturne, voire
malaimable, sinon brutal du premier cinéma. Le mouvement suspendu de l’un dans
le miiye et la volte-dos de l’autre due à une suite d’images qui les juxtapose
sans faire récit. Le costume d’apparat du drame lyrique, dans lequel le
comédien se glisse un peu perdu et le costume d’épouvantail du burlesque,
seconde et vraie peau pour quoi l’acteur mue. La mort évoquée comme un lointain
souvenir que l’on se remémore avec tristesse dans le nô et la mort comme le bel
hiver quand il vient en défaisant les choses avec de l’angoisse du cinéma
sourd. L’amour esthétisé ici, angélique là, dans tous les cas méconnaissable,
aussi monstrueux que la communauté européenne fondée sur une monnaie – mais,
lui, jamais méprisable.
Jacques Sicard
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